Témoignages

Je présentais depuis plus d'un an des contractions musculaires involontaires au cou, au bas du dos et à la main. On m'a recommandé Annette parce que je cherchais un chiropraticien qui travaillait en douceur avec une approche moderne. J'avoue y être allée en désespoir de cause parce que toutes les avenues explorées auparavant n'avaient rien donné. Annette m'a tout de suite mise en confiance avec ses explications claires et son empathie. Elle m'a donné enfin espoir lorsqu'elle m'a dit que mes symptômes pouvaient s'expliquer par ma condition physique, qui affectait mon système nerveux, après avoir procédé à des examens complets et variés à son bureau ainsi qu'à des radiographies. Parallèlement à mes traitements, j'ai passé des IRM qui ont confirmé toutes les observations du Dre Annette. Depuis, je vis presque un miracle! :0) Mes «spasmes» sont pratiquement chose du passé (disparus à plus de 95%!), mon énergie est meilleure, et mes inquiétudes sont derrière moi parce que je sais que je ne pourrais être entre de meilleures mains que celles du Dre Annette Bourdon.

Roxane St-Gelais

J’avais, depuis 2 ans au moins, un très gros mal de dos, même qu’en dernier, je ne dormais plus à cause de cela. Aussi lorsque j’avais mes menstruations, j’avais encore plus mal et j’avais des douleurs dans le bas du dos. A l’école aussi c’était difficile de rester assise, je ne savais plus comment me tenir. J’étais bien tannée.

Mon frère avait le même problème de dos que moi et trois fois les médecins lui ont dit que c’était dû à sa croissance, sauf qu'il a 22 ans et il a encore mal…

Donc, ma mère m’a demandé si je voulais voir une chiropraticienne. Elle m'a recommandé le Dre Bourdon. Au début, j'avais peur mais après avoir connu les traitements, je me suis décidée. J'etais bien contente car je pouvais à nouveau faire du basketball sans avoir mal au dos !

J'ai été chanceuse que ma mère, avant moi, ait souffert de beaucoup de maux de dos et découvre enfin la chiropratique, sinon je me serais sûrement retrouvée à 30 ans avec des maux de toutes sortes et limitée dans mes activités. Là, je peux faire ce que je veux sans avoir mal ! Je joue aux quilles, je fais mon éducation physique, j'ai 17 ans, je suis en forme et je veux le rester.

Céline Thompson

Lève-toi, prends ton grabat et marche!!!

L'ACCIDENT

Jeudi le 3 octobre 2013, il est 9 h du matin. J’écoute l’émission de Paul Arcand concernant le fameux dossier des accommodements raisonnables. Je roule sur l’autoroute 20 Est dans la voie de droite, à la vitesse permise, en me rendant au travail comme je le fais chaque jour. Il fait très beau, l’air est vif et sent l’automne. La vie est belle et je suis heureuse. Je suis en bonne santé et je mène une vie assez active. J’ai un boulot que j’adore et j’ai bien hâte de partager mes réflexions de la veille à mes collègues concernant un projet en particulier.

En moins de 2 minutes ma vie sera changée, chamboulée, complètement bouleversée… Un train routier vient d’emboutir le côté avant gauche de ma voiture. Je suis dans son angle mort depuis quelques mètres déjà, le conducteur ne m’a pas vu et il manœuvre pour prendre une sortie. Je l’ai vu à la dernière minute, ou plutôt j'ai ressenti le coup et senti le tronc de mon corps projeté vers la droite au moment de l’impact. Le conducteur ne m’a pas encore vue, ni senti ma voiture. Il continue d’avancer. Il est énorme; deux remorques sont attachées ensemble. Le devant de ma voiture glisse vers la droite alors que l’arrière, lui, glisse vers la gauche et se dirige sous le camion.

J'aperçois les roues arrières du camion qui continue sa manœuvre, les roues arrières qui vont probablement écraser le derrière de ma voiture et moi en prime! Ma voiture est minuscule comparée au mastodonte qui la retient. Le chauffeur n'a toujours pas remarqué que j'étais sous sa remorque… Il ne me reste qu'à prier… prier et espérer la fin de ce cauchemar éveillé.

Je crois profondément en une force divine supérieure qui se manifeste lorsqu'il n'y a plus d'espoir, plus de solutions et que l'on a totalement perdu la maîtrise de sa vie. Toute ma vie s'est déroulée devant mes yeux à ce moment. Puis j'ai entendu quelque part dans ma tête la voix de mon père décédé qui m'a dit : « Pèse sur l’accélérateur et tourne ton volant à gauche! ». Ce que j'ai fait.

En tournant le volant et en appuyant sur l'accélérateur, j’arrive à me libérer de sous le camion, sauf qu'en ce faisant, la voiture tournoie sur elle-même en traversant l'autoroute, pour finalement s'écraser contre le muret séparant les directions est et ouest. L'impact me coupe le souffle et je sens cette fois mon tronc projeté de gauche à droite comme un coup de fouet.

En m'écrasant sur ce muret, je me retrouve maintenant en sens inverse de la circulation. Une voiture fonce sur moi. Je revois encore la bouche ouverte du conducteur et ses yeux exorbités. Il arrive à m'éviter d'un coup de volant. Je suis en vie, mon Dieu merci, je suis en vie. Mon cœur bat la chamade, je n'ose pas bouger. Je regarde mes mains sur le volant et regarde droit devant moi. Heureusement pour moi, un remorqueur était en direction est et a tout vu l'accident depuis le début. Il arrive rapidement sur les lieux, installe une zone de sécurité et vient vers moi. « Madame, je sais pas si vous le savez mais vous avez une chance de pendu! » Je le regarde, lui souris et éclate en sanglots...(Mon père s'est suicidé par pendaison.)

L'HÔPITAL

L'ambulance arrive rapidement, on m'installe sur la civière et on m'emmène au centre hospitalier le plus près. Là-bas, on me fait des radiographies. J'ai peine à bouger. On m'installe sur la table de radiographie; j'ai une douleur atroce au bassin et dans le bas du dos, on manipule mon corps pour qu'il soit placé droit sous l'appareil à rayon X. La douleur est telle qu'on me donne de la morphine par intraveineuse et j'attends plusieurs heures dans le corridor couchée sur une planche, qui elle est sur une civière. 15h: changement de chiffres, on me redonne une dose de morphine et on me dit qu'aussitôt que les résultats sont disponibles, quelqu'un viendra me voir. 16h: un interne vient me voir et m'informe qu'il n'y a aucune fracture et que je peux donc retourner chez moi. Je lui demande si le médecin a prescrit des anti-inflammatoires ou des antidouleurs. Je me dis que lorsque l'injection de morphine aura cessé d'agir, je vais me retrouver avec une douleur atroce. L'interne l'ignore, retourne voir le médecin et revient avec une prescription en me disant: « Il faudrait que vous quittiez la civière d'ici 5 minutes, nous avons d'autres urgences ».

« Euh docteur, je sais pas si vous avez remarqué, j'ai un cathéter dans le bras, chaque fois que je bouge mon souffle s'arrête tellement la douleur est aiguë, je suis encore sous les effets de la morphine et vous me demandez de sortir comme ça en marchant tout simplement? »

Au lieu de lui dire tout cela, je le regarde bêtement, je ne sais pas trop comment je vais y arriver, je n'ai vraiment pas toute ma tête, je suis complètement «stone». Je lui demande tout simplement quel est le chemin le plus rapide pour me rendre au stationnement. Il m'indique une porte de sortie d'urgence. J'ignore encore comment j'ai réussi à marcher dans le corridor. En m'appuyant sur les murs probablement, un pas à la fois, surtout regarder devant et avancer, j'ai la nausée, je crois que je vais vomir! De peine et de misère, pendant un temps qui m'a paru une éternité, j'ai finalement atteint la sortie et me suis affaissée sur le premier banc que j'ai trouvé. Have a good day madam!

Finalement un ami vient me chercher et me ramène à la maison. Je réussis à regagner ma chambre grâce à l'aide de mes deux fils… Assise sur mon lit, je regarde mon bras, un de mes fils me demande qu'est-ce qui est collé à l'intérieur… le cathéter! Ils ont oublié de me l'enlever tellement ils étaient pressés de me voir quitter l’hôpital… Je regarde cette drôle de chose qui sort de mon bras et, sans trop réfléchir, je l'enlève. Voilà que le sang coule partout. Je ne sais plus trop ce qui s'est passé par la suite et je m'endors pour quelques heures. Je me réveille en hurlant tellement j'ai mal dans le bas du dos et dans ma jambe droite, je ne la sens plus et tous les muscles de mon corps me font horriblement souffrir.

UNE REMONTÉE DIFFICILE

Une semaine plus tard, incapable de me tenir debout toute seule ou de marcher, je vais vivre chez un ami. Je débute immédiatement des traitements de physiothérapie. Je sais très bien que plus mon corps restera immobile, plus les dommages seront grands et long à réparer. Mais pour l'instant, les seuls traitements qu'on peut me faire sont très limités. Glace, chaleur intense. Impossible de toucher le bas de mon dos, on me suggère de marcher avec une canne. Un mois plus tard, je retourne pour un suivi avec un médecin de garde au même hôpital. Cette dernière prescrit une résonance magnétique et m'informe que je suis «okay» pour retourner au travail. Il n'y a pas de fractures. La plupart de ceux qui sont aux urgences ont des problèmes de dos, rester à la maison ne ferait qu'empirer mon moral et si cela avait été elle qui aurait eu l'accident, elle serait déjà retournée travailler. C'est effectivement très logique, excepté un petit détail assez important en ce qui me concerne.

Je suis sans voix, j'essaie de lui faire comprendre que pour l'instant, je ne peux conduire, que j'ai dû m'installer dans un endroit beaucoup plus petit que chez moi afin de ne pas avoir à faire trop de pas entre la chambre, la cuisine et la salle de bain. Je dois conduire une heure pour me rendre au travail, mais présentement j'ai besoin que quelqu'un m'aide à marcher, je suis incapable de prendre ma douche seule ou même d'aller à la salle de bain. Elle me suggère de trouver quelqu'un pour m'emmener au travail, de prendre un taxi, d'utiliser les transports en commun ou de simplement changer d'emploi! Je travaille pour le même employeur depuis 28 ans. Cette alternative est hors de question. Elle me donne un congé supplémentaire et m'indique une date de retour un mois plus tard. Entre-temps, je continue mes traitements et j'attends toujours des nouvelles de la SAAQ pour aider à payer les traitements de physiothérapie et avoir une compensation salariale. Mes enfants sont assez grands pour pourvoir à leurs besoins, mais trop jeunes pour assumer les coûts. Je continue donc à payer mes factures, le loyer et leur épicerie. J'ai un peu d'économies, mais pas suffisamment pour tout maintenir à flot et payer mes traitements. J'ai un ami qui a pitié de moi et assume mes frais de traitements en attendant que mon dossier soit traité.

Un mois plus tard, je retourne travailler, en voiture. Du moins, je fais une tentative pour le faire. C'est très douloureux et j'ai de la difficulté à manœuvrer les pédales, mais bon, il n'y a pas d'embouteillage et heureusement je conduis une voiture automatique, la conduite d'une voiture manuelle aurait été impossible. Avant la fin de journée, quelqu'un venait récupérer ma voiture et me ramenait à la maison parce que j'étais incapable de marcher, mes jambes refusaient tout simplement de m'obéir, sans parler de ma jambe droite insensible et des douleurs aiguës constantes. Je suis épuisée, découragée et surtout, j'ai peur de l'avenir! Aucun revenu pour l'instant et incapable de marcher.

Après cette mésaventure, je communique avec mon médecin et lui demande de me rencontrer le plus rapidement possible. Arrêt de travail pour 3 autres mois, maintien des traitements de physiothérapie et un test concernant l'insensibilité de ma jambe est prescrit chez un physiatre. Finalement, j'ai un rendez-vous quelques semaines plus tard et il est clair que certains nerfs de ma jambe droite sont atteints. Je dois continuer les traitements de physiothérapie. Toujours pas de nouvelles de la SAAQ en ce qui concerne un revenu de remplacement et l'aide financière pour payer les traitements de physiothérapie. Néanmoins, je continue mes traitements. Au bout de 8 mois, j'ai atteint un plateau; on m'envoie donc en ergothérapie pour une rééducation musculaire et des exercices de renforcement. Malheureusement, j'ai encore de grosses douleurs, l'amélioration est très lente et douloureuse, j’ai encore besoin de ma canne et je n'arrive toujours pas à conduire seule. Mais je persiste et fait mes traitements 4 fois par semaine. En mai 2014, soit 7 mois après l'accident, j'ai finalement une réponse de la SAAQ. En attendant d'être rétablie, j'aurai droit aux traitements ainsi qu'à un remplacement salarial… il était temps. Août 2014: à l'institut de physiatrie du Québec, je reçois des injections de cortisone et une infiltration facettaire intra-articulaire. Résultat, choc vagal et arrêt respiratoire causés par une douleur trop intense. L'objectif de ce traitement est de réduire l'inflammation et la douleur. Piètre résultat, rien n'a changé. Si ce n'est que je n'aurai plus ce genre de traitement trop dangereux pour moi.

Décembre 2014: j'ai finalement une résonance magnétique. Les résultats ne sont pas très rassurants. J'ai effectivement une hernie entre le sacrum et la dernière vertèbre lombaire, c'est- à-dire en plein centre de mon corps, ce qui explique les douleurs, les difficultés à marcher, les engourdissements, l'insensibilité et l'inflammation continue. Je continue l'ergothérapie. C'est comme si je dansais le Cha Cha… 3 pas en avant, 2 pas en arrière, encore et encore. À ce moment, une expertise médicale est demandée avec un orthopédiste. On me prescrit alors un traitement de rééducation posturale globale. Les traitements me font beaucoup de bien à court terme, mais à long et moyen terme j'atteins encore un plateau. Après plusieurs mois, les traitements d'ergothérapie et de rééducation ont aidé, mais je stagne. Je ne peux toujours pas marcher sans ma canne, je n'arrive pas à me tenir droite. La douleur devient ma meilleure amie, elle est là toujours présente, matin, midi, soir. La nuit, je n'arrive pas à dormir plus de 3h d’affilées, la douleur me réveille. Je suis découragée, fatiguée et je sombre lentement dans une dépression. Je suis incapable de rester assise sur une chaise plus que 30 minutes, je ne fais plus aucune des activités physiques que je faisais avant mon accident. Terminées, les marches dans la nature, les activités aquatiques, natation, kayak, canoë. Impossible de monter à cheval désormais, ni de faire de la moto et le pire de tout, pour moi à cette époque , je ne peux plus danser. J'adorais aller danser avant mon accident. Je suis incapable de conduire, incapable de marcher seule, incapable de m'occuper de l'entretien de ma maison seule et incapable de travailler.

En 2015, après plusieurs expertises et rencontres avec des orthopédistes, physiatre et des psychologues, le verdict tombe : lésions et limitations permanentes. Je ne sentirai plus ma jambe, tous les traitements sont annulés, il n'y a plus d'amélioration. Mon dossier est consolidé et fermé. À la maison, je m'amuse à me planter des aiguilles dans le mollet pour l'obliger à ressentir quelque chose mais rien n'y fait. Je devrai marcher avec ma canne, bref je devrai m'habituer à ne pouvoir rester dans la même position plus de 30 minutes, à mettre de la glace plusieurs fois par jour, passer des nuits blanches et espérer ne pas être en fauteuil roulant d'ici les dix prochaines années. À ce moment, mon moral est à plat et je suis très en colère contre la vie!

Puis, je lis quelque part que l'acceptation est la seule solution à tous nos problèmes, que rien n'arrive pour rien et qu'il est plus facile d'être résilient qu'en colère. Je choisis donc d'accepter la situation et de faire au mieux de mes capacités. J'ai décidé d'apprendre à vivre avec ma douleur! Heureusement pour moi, j'ai passé 20 ans à pratiquer la nage synchronisée au niveau élite. Je connais la douleur intense d'un muscle blessé ou d'une articulation défaite. J'ai appris à dépasser mes limites physiques et mes limites psychologiques. J'ai appris à continuer malgré la douleur, les peines, les revers, les échecs. J'ai appris à serrer les dents et les poings et obliger mon corps à persévérer. C'est alors que je décide que cette douleur, cette nouvelle amie, qui désormais ne me quittera plus, devra apprendre de quel bois je me chauffe.

Je choisis alors de voir le positif dans le négatif. Je choisis d'avoir de bonnes journées malgré la douleur et le découragement. Au bout d'une autre année, j'ai réussi à réapprendre à conduire, à aller seule au supermarché, à garder ma maison propre sans aide...sauf pour la balayeuse et pour laver mes planchers. J'ai même réussi à aller barboter à la piscine. Pour ce qui est de l'entretien extérieur, je demande l'aide de mes amis et ne fait faire que l'entretien minimum. Ce que je faisais avant en 2 heures, me prend 7 heures, ce que je faisais en une journée me prend parfois une semaine ou deux. J'ai choisi de voir à quel point j'étais privilégiée, j'ai des amis fantastiques et merveilleux qui m'aident tant physiquement que moralement. Je réapprends à vivre avec mes nouvelles limites et j'arrive à développer une certaine résilience à la douleur, tout en arrivant à rester aimable, souriante et disponible. J'ai développé ma patience, mon écoute, mon accueil et mon ouverture d'esprit. Me détacher de ma douleur pour écouter celle des autres me fait oublier la mienne. Il y a toujours quelqu'un qui vit des choses bien pires que moi. J'ai réappris à vivre, à aimer, à apprendre et à transmettre. J'ai appris à dire merci à ce que la vie me donne.

Sur la mer houleuse, lorsque le ciel s'assombrit, brille au loin le phare de l'Espoir!

Et puis un jour, une amie m'informe qu'une chiropraticienne qui avait traité sa fille et sa copine pourrait peut être m'aider. Je n'y crois pas vraiment, après toutes les expertises, les tests et les diagnostiques qui m'assurent que ma condition est désormais permanente. J'ai presque peur d'y croire. Elle insiste tant et tant que, finalement, je prends rendez-vous avec le Dr. Annette Bourdon en début août 2016.

Dans un premier temps, elle m'envoie faire des radiographies. Radiographie debout. Personne ne m'a placé sur une table pour être sous l'appareil. Plusieurs photos sont prises, on me demande de me placer debout droite, ensuite de me pencher à gauche, puis à droiteé Impossible pour moi de me pencher vers l'arrière. Et c'est ainsi qu'elle a découvert le pot aux roses!

Il s'est avéré que lors de l'accident, mon bassin avait basculé de 2 pouces vers l'avant et 1 ½ pouce vers la droite, ce qui expliquait pourquoi malgré toutes les heures de physiothérapie et d'ergothérapie, rien n’y faisait. Mon hernie expliquait certaines difficultés, mais pas toutes. Je connais la douleur d'une hernie. Il y avait celle de l'hernie, mais il y avait une autre douleur, plus lancinante, plus constante, cette douleur qui m'empêchait de me placer droite ou de bouger les jambes pour marcher.

Rien qu'en regardant et analysant mes radiographies, elle a su me dire tous les petits accidents, chutes, torsion, usures et blessures sportives que mon corps avait subi durant mon enfance et mes années d’entraînement intensif. J'étais bouche bée! Elle m'a raconté ma vie rien qu'en lisant les photos de ma colonne vertébrale. Ma chute sur le coccyx à 7 ans, ma chute de bicyclette à 8 ans, mes problèmes d'usure de hanche causés par mes années d’entraînement, mes accouchements, la chute que j'ai faite alors que j'étais enceinte et tout les petits détails que j'avais oublié au fil des ans et bien entendu la goutte qui avait fait déborder le vase, mon accident de voiture. La position de mon bassin était vraiment bizarre.

En m'expliquant les différentes problématiques de ma colonne, j'ai pu voir de mes yeux à quel point j'étais en mauvaise condition. J'étais complètement désaxée. Alors que la photo avait été prise avec mon corps droit, j'étais penchée vers la droite. Alors que la photo de moi avait été prise penchée vers la gauche, j'étais droite. Depuis mon accident, à force de compenser et de forcer, ma colonne était devenue, en bon québécois, toute croche!

Elle a été très franche et, avec beaucoup de gentillesse, elle m'a expliqué qu'il lui était impossible de me réparer mais elle était persuadée de pouvoir m'aider. Il était clair que mes nerfs étaient atteints, ce qui rendait le travail un peu difficile. À la fin de notre rencontre, elle m'a posé une dernière question très légitime considérant ce qu'elle voyait à son écran. C'était une question toute simple et bizarrement sa question m'a fait un bien immense parce qu'enfin quelqu'un voyait exactement ce que je vivais et la douleur que je ressentais… la question qu'elle m'a posé fut : « Maintenant Danielle, j'ai besoin de savoir quelque chose et j'avoue que je ne comprends pas trop comment tu y arrives, dis-moi, comment fais-tu pour marcher? »

J'ai éclaté en sanglots! Enfin je me sentais comprise, écoutée, entendue… beaucoup d’émotions se sont alors bousculées. Soulagement, d'abord parce que pour la première fois depuis mon accident je pouvais voir les dégâts et parce que quelqu'un pouvait non seulement voir et comprendre ma douleur, mais pouvait en même temps m'expliquer pourquoi j'avais si mal. Peur parce qu'après avoir vu mes radiographies j'ai vraiment cru que personne ne pourrait m'aider à redresser le tout. Et enfin espoir, parce que je voyais dans ses yeux le désir sincère de m'aider et surtout son admiration pour l'acceptation dont je faisais preuve mais également pour mon attitude désinvolte face à l'état dans lequel j'étais. C'était ce qui était et j'avais appris à vivre avec.

Le premier objectif fut d'arriver à marcher sans ma canne. Mes nerfs étant atteints, la douleur demeurerait probablement, mais au moins je pourrais remarcher. Deux conditions étaient nécessaires cependant pour mener à bien cette entreprise: PATIENCE ET PERSÉVÉRANCE. Je devais m'engager à fond dans un processus à long et peut-être même très long terme. Étais-je disposée à prendre la responsabilité de ma propre guérison, étais-je disposée à m'impliquer, m'investir et faire tout ce qui devait être fait? C'est-à-dire suivre les recommandations, me présenter à chaque rendez-vous, faire les exercices à la maison, bref à relever mes manches, accepter le défi et faire tout ce qui serait en mon pouvoir pour aller mieux. Aide-toi et le ciel t'aidera… Dans ce cas-ci, le ciel m'avait conduit au bureau du Dr. Annette Bourdon!

Voulais-je vraiment guérir? Ou étais-je confortable bien que misérable dans l'état dans lequel j’étais depuis si longtemps? Au fil des années, j'étais en quelque sorte devenue ma blessure, ma limitation, l’échappatoire dont je pouvais me servir pour faire ou ne pas faire telle activité, voir ou ne pas voir telle personne. Bref, avec les années, je m'étais définie, identifiée à mon état et à cette douleur. La décision ne fut pas difficile à prendre et c'est ainsi que débuta mon périple avec le Dr. Bourdon.

Je n'utilise pas le mot périple à la légère! Ce fut un chemin cahoteux, difficile, douloureux et même parfois décourageant. Un voyage semé d'embûches, de défaites, parfois d'échecs, mais toujours de remontées. De chutes et rechutes, de nuits d'insomnies et de matins désespérants. Ce fut aussi tout le chemin parcouru, l'atteinte d'objectifs, les remontées fulgurantes, la réappropriation de mon corps, la découverte de vieilles blessures émotionnelles et de souvenirs enfouis, la guérison lente et pourtant constante de mes blessures physiques. Ce fut également la joie de pouvoir retourner nager, nager et non juste barboter dans une piscine. Imaginez la sensation que j'ai ressentie lorsque j'ai réussi à faire ma première longueur de crawl avec mes bras et mes jambes. Imaginez l'euphorie ressentie lors de mes déplacements en voiture, j'étais redevenue autonome et indépendante. J'arrivais à me déplacer sur de longues distances seule dans ma voiture, sans chauffeur. D'une fois par semaine, mes rendez-vous se sont espacés à une fois aux 2 semaines.

Nous sommes le 19 juillet 2018. Le 23 août 2018 exactement, cela fera deux ans que chaque mardi soir je retrouve le Dr. Bourdon et me fais traiter avec son appareil qui fait «bip, bip». Ma colonne se redresse, je peux lever la tête et regarder le ciel, je marche sans canne depuis la fin du mois de février 2018. En mars dernier, j'ai gagné un podomètre lors d'un concours. Je vous ai dit que rien n'arrivait pour rien. Ce fut le moment pour moi de commencer à compter mes pas et de me donner des objectifs. Mon premier objectif fut d'arriver à faire 500 pas dans une journée complète sans canne. Puis, lentement mais sûrement, à force de persévérance, le nombre de pas a augmenté pour se rendre à 1000, 2000 et 2500 par jour.

En mai, avec le beau temps, j'ai augmenté le nombre de pas à 4 000 par jour, un jour à la fois, au début j'y arrivais une journée par semaine, ensuite ce fut deux, puis trois, puis tout d'un coup d'un jour à l'autre, plus rien, j'avais le moral à plat, j'avais de la difficulté à marcher, tout semblait difficile. Les premiers temps que ces chutes se sont produites, je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. J'allais si bien et puis plus rien. Parfois cela durait une journée ou deux et d'autres fois plusieurs jours consécutifs. Le Dr Bourdon, avec patience, m'expliquait que mon corps avait besoin de temps, de repos, d'amour et de beaucoup de douceur lors de ces journées. Que c'était normal dans un processus de guérison. C’est un peu comme dire avant la levée du soleil, il y a l'obscurité; avant la pluie il y a le beau temps; avant d'avancer, il faut parfois reculer. J'ai donc décidé de nommer ces jours difficiles et désespérants, par le terme « mes crises de guérison ». Ainsi, j'arrivais à vivre ces moments avec plus d'acceptation, de sérénité et de confiance. Une crise de guérison signifiait que c'était un état temporaire, qu'une journée viendrait où je me lèverais, que marcher serait plus facile. Que la douleur serait moins pénible, que je pourrais recommencer mes activités, que j'irais mieux et que je réaliserais que j'ai fait un autre pas de géant.

Puis, il y a eu 8 000 et 12 000 pas. Désormais, j'arrive à me tenir debout sans m'appuyer sur ma canne, les murs, les chaises et même les gens. Je marche droite, je marche d'un pas constant, et je boite de moins en moins, j'arrive même à sautiller sur place et à lever ma jambe droite à 90 degrés. Je me fatigue moins rapidement, je reste assise jusqu'à 2 heures consécutives. Je jardine un peu et je retrouve tranquillement ma souplesse. La douleur est encore présente, mais aujourd'hui elle me rappelle de prendre soin de moi, de me reposer et de faire de l’exercice… Il arrive même parfois qu'elle me quitte quelques instants et ce de plus en plus souvent. J'ai même pu voyager, cette fois-ci avec ma canne mais j'y suis arrivée tout de même! On n’a pas idée de la grandeur d'un aéroport!

Ce fut une remontée ardue mais combien gratifiante. À chaque mois, je faisais des progrès. Évidemment, avant d'aller mieux il faut parfois tomber bien bas. En plus de mes blessures physiques, j'avais beaucoup de blessures émotionnelles qui étaient logées un peu partout dans mon corps. Ce qui ne s'exprime pas s'imprime. D'abord, parce que dans ma tendre enfance on m'a appris à ne rien montrer de mes émotions et parce que je suis une ancienne athlète élite de nage synchronisée depuis mes 5 ans. J'ai donc appris à obéir, me taire, faire ce qu'on attendait de moi à la piscine et dans mes entraînements et également à ne pas me plaindre.

J'ai appris à faire les choses plus lentement, à trouver un nouveau rythme, à devenir une meilleure personne. D'un rectangle, je suis devenue un triangle. Lorsqu'on enlève un segment à un rectangle, le rectangle est incomplet, défaillant, il n'est plus rectangle, il n'a plus de raison d'être. Le Dr. Bourdon m'a aidé à faire de ce rectangle qui n'était plus, une nouvelle forme. Si on rejoint deux des 3 segments restants d'un rectangle et qu'on décide de voir autre chose, le rectangle n'est plus, mais un triangle se forme. C'est ce que le Dr. Bourdon a fait avec moi. D'un rectangle brisé, elle a fait un triangle!

Je ne peux que remercier la vie de m'avoir menée au bureau du Dr. Bourdon, et je souhaite à tous ceux et celles qui ont des problèmes de rencontrer un docteur aussi dévoué à ses patients et patientes. Dans ce périple, elle a été tel un phare dans une tempête, un point où concentrer mon regard lorsque plus rien n'allait. Elle a été là pour me motiver, pour m'aider à remonter la pente, pour dédramatiser, me ramener de l'endroit d'où je venais à l'endroit où j'étais rendue. Il est même arrivé parfois qu'elle m'a grondé parce que je m’apitoyais sur mon sort, toujours avec beaucoup d'amour cependant. Elle m'a appris la patience, m'a rappelé la joie du moment présent et surtout elle a fait en sorte que je puisse retourner nager! Plus aussi vite, mais j'ai tout mon temps, je ne n'ai pas de compétition prévue.

Mon périple n'est pas encore terminé, mais aujourd'hui je n'ai plus peur de l'avenir, je sais qu'il y a de l'espoir et je continue de persévérer. Un jour bientôt viendra ou je n'aurai plus que quelques ajustements par année. En attendant, je focus sur tout ce que je peux faire aujourd'hui et que je ne pouvais pas faire avant, au lieu d'avoir le focus sur ce que je faisais avant et ne peux plus faire aujourd'hui!

Dr. Bourdon, de tout mon cœur, je vous dis merci!!!

Danielle Bélanger, Rivière Beaudette, 22 juillet 2018.